L'insécurité exccessive
Dans notre société actuelle, des changements importants s’opèrent. Des changements qui touchent le climat, le domaine politique, la sphère financière… Ceci peut générer une source d’anxiété, voire des crises d’angoisse suite à un sentiment d’insécurité grandissant pour certains.
Mais, le sentiment d’insécurité peut se développer à d’autres niveaux. Une personne qui a vécu un événement traumatisant ou une accumulation de choses difficiles à gérer, une charge mentale élevée ou encore un état d’esprit orienté vers la performance, le perfectionnisme, l’estime de soi … peuvent générer une insécurité intérieure.
Une impression d'être sur le qui-vive, d'être dans une forme d'hypervigilance, comme en alerte permanente peut alors exister.
L'INSÉCURITÉ LIÉE À LA VALEUR PERSONNELLE
Cette insécurité existe lorsque la personne fait face à des pensées récurrentes telles que je ne suis pas assez bien, je ne mérite pas d’aller bien, je suis nul.le, personne ne pourra jamais m’aimer, je ne suis pas à la hauteur, les autres sont mieux que moi …
On retrouve souvent une dévalorisation permanente, une comparaison excessive ou encore avoir le besoin d'être rassurée continuellement. La peur sous-jacente touche souvent au fait de s'estimer ne pas avoir assez de valeur.
L'INSÉCURITÉ LIÉE À L'APPARENCE ET L'IMAGE DE SOI
Cette insécurité est focalisée sur le corps, le visage, les vêtements, le maquillage, l'âge, l’apparence qui deviennent des sources d’anxiété.
La personne peut avoir peur d'être regardée, d'être dans une comparaison (quasi) systématique, l’impression d'être moche, trop grosse, trop maigre, pas assez musclée, trop vieille, trop ridée… Cela amène souvent à un surcontrôle de son apparence avant de sortir ou encore à éviter de se regarder dans un miroir ou en photo. La peur sous-jacente concerne souvent la pensée que les autres vont repérer quelque chose de défectueux chez soi.
L'INSÉCURITÉ SOCIALE
On la retrouve lorsqu’il y a une peur de ne pas être accepté.e, appréciée ou légitime par rapport aux autres.
La personne concernée peut alors avoir peur de dire quelque chose qu’il ne faut pas, quelque chose de stupide, de ne pas savoir quoi dire, d’etre jugée, de déranger, de paraitre bizarre, de rougir, de trembler, de perdre ses moyens.
Elle peut sur analyser après coup les échanges et se juger sévèrement “j’aurai dû ou je n’aurai pas dû dire ça”, “on a du me trouver ridicule”... Les peurs sous-jacentes sont souvent celles du rejet ou de l'humiliation et donc de l’abandon.
L’insécurité d’abandon
La personne vit les séparations, les changements, les distances comme catastrophiques.
Elle peut avoir tendance à s’accrocher, accepter beaucoup de choses pour ne pas perdre l’autre, entrer dans un état de panique lorsque la relation semble menacée, provoquer parfois involontairement des conflits pour chercher à être rassurée.
Pour en savoir plus sur la peur de l’abandon, c’est ici
L’insécurité du rejet
La personne se dit que les autres ne vont pas la choisir. Elle peut alors ne pas proposer de faire quelque chose, ne pas déclarer ses sentiments, éviter les rencontres, ne pas demander une augmentation, ne pas exprimer son opinion… Elle se protège du rejet en n'essayant pas.
Sa peur repose sur le fait que si elle se montre tel qu’elle est, on lui dira non.
L'INSÉCURITÉ DE PERFORMANCE
On la retrouve beaucoup chez les personnes perfectionnistes. Notre société actuelle y contribue beaucoup aussi.
La valeur personnelle est reliée à la réussite. Si je réussis, je suis quelqu’un de valable, à l’inverse, si j’échoue, je suis nul.le, je ne vaux rien. Une énorme pression intérieure peut en découler.
LE SYNDROME DE L'IMPOSTEUR
La personne remet constamment en cause ses compétences. Même lorsqu’elle réussit, elle se dit toujours qu’elle a eu de la chance et/ou qu’on va finir par découvrir la supercherie, qu’elle n’est pas compétente.
La peur fondamentale est de ne pas être à la hauteur et d'être démasquée.
Pour en savoir plus sur le sujet, vous trouverez un article ici
L'INSÉCURITÉ DU CONTRÔLE
La personne se pose constamment la question si elle va pouvoir arriver à gérer ce qui lui arrive. Cela peut se traduire par le besoin de tout prévoir, de vérifier, d’anticiper les scénarios catastrophes, d’organiser tout, de contrôler son environnement, de vouloir connaître à l’avance ce qui va se passer…
Si la personne a l’impression de ne pas contrôler, elle a peur que quelque chose de mauvais arrive et de ne pas savoir le gérer.
L’incertitude est très difficile à supporter. Certaines personnes souffrent également de la question de ne pas savoir. Elles sont en quête de réponses à leurs questions : “et si…?”, “tu es sur.e ?” “Comment ça va se passer ?”, “quelle est la probabilité que …?”
La recherche de certitude permanente est source d’anxiété. La personne ne se sent pas tranquille tant qu’elle ne sait pas.
L'INSÉCURITÉ FINANCIÈRE ET MATÉRIELLE
Elle peut devenir excessive même lorsque les circonstances ne s’y prêtent pas forcément et que la personne est relativement en sécurité. La personne peut avoir des difficultés à dépenser, épargner constamment, être en peur permanente de manquer, une obsession du futur, un sentiment que tout peut s’écrouler… La personne a peur de ne plus avoir suffisamment de ressources pour se sentir en sécurité.
L'insécurité climatique
Cette insécurité peut apparaître lorsque le monde dans lequel on vit peut sembler imprévisible, incontrôlable ou dangereux.
Elle peut prendre plusieurs formes : peur du réchauffement climatique et de ses conséquences, peur des catastrophes tels que les inondations, les incendies, les canicules, les tempêtes, les sécheresses…, inquiétude pour l’avenir des enfants, sentiment de culpabilité lié à son impact environnemental, impression que tout va s’aggraver, difficultés à se projeter dans l’avenir, sentiment d’impuissance face à un problème non réglable à l’échelle individuelle…
La menace n’étant pas imaginaire, il existe bien une réalité objective derrière l’inquiétude. C’est l’anticipation permanente, les ruminations, l’impossibilité de se sentir en sécurité au présent ou la conviction que le futur ne peut être que catastrophique… peut devenir excessif et générer une forte anxiété.
L'INSÉCURITÉ SOCIÉTALE
C’est le sentiment que le monde change trop vite et que l’on ne sait plus qu’elle place on va trouver. Elle peut concerner l’emploi, l’avenir économique, l’IA, les transformations technologiques, les changements des normes sociales, l’avenir des enfants, le niveau de vie, le sentiment de déclassement, la perte de repères…
L'INSÉCURITÉ LIÉE A LA SANTÉ
La personne considère comme dangereux des sensations corporelles normales et/ou bénignes (les examens médicaux ne révèlent rien). Cela va amener une surfocalisation, des besoins de vérifications répétitifs, la recherche d’informations excessive, les consultations régulières, des demandes de réassurance…
Paradoxalement, plus elle cherche à se rassurer, plus le cerveau apprend qu’il y a un potentiel danger à surveiller.
Sa peur fondamentale est que son corps peut la trahir à tout moment.
Pour en savoir plus sur l’hypocondrie, c’est ici
L’insécurité émotionnelle
La personne n’arrive pas à se confronter et accepter de traverser ses propres émotions.
Elle a peur de paniquer, de pleurer, de se mettre en colère, de se sentir submerger, de perdre le contrôle, de ne jamais revenir au calme…
La personne a l’impression que ce qu’elle ressent est trop fort et qu’elle ne peut pas le gérer.
L'INSÉCURITÉ DE DÉCISION
La personne doute de manière excessive de ses choix ou n’arrive pas à prendre de décision.
Elle peut se questionner constamment sur son choix, si c’est le bon, si elle ne se trompe pas… Même après avoir fait son choix, elle peut continuer à douter.
Elle n’arrive pas à se faire confiance pour décider.
L'INSÉCURITÉ IDENTITAIRE
Elle touche à la question de qui suis-je ?
La personne peut avoir des difficultés à savoir ce qu’elle veut, ce qu’elle aime réellement, quelles sont ses valeurs, ce qu’elle pense indépendamment des autres… Elle peut avoir tendance à adapter facilement sa personnalité à son environnement.
L'INSÉCURITÉ DE LÉGITIMITÉ
On retrouve souvent dans cette problématique l’idée de ne pas mériter, de ne pas se sentir à sa place, des difficultés à se considérer comme expert.e, ne pas avoir la légitimité de faire certaines demandes…
La personne peut être compétente mais avoir intérieurement l’impression de prendre une place qui ne lui appartient pas.
Elle a l’impression de ne pas avoir vraiment le droit d’occuper de la place.
L'INSÉCURITÉ DE DÉPENDANCE
On est presque à l’inverse de l’insécurité de légitimité, la personne n’accepte pas de montrer qu’elle est vulnérable. Elle peut chercher à paraître forte, indépendante, parfaite, maitrisée, invulnérable. Elle a peur que si elle montre ses faiblesses, les autres pourraient la blesser.
L'INSÉCURITÉ PHYSIQUE
Le sentiment d’insécurité physique peut se manifester par une sensation de danger lorsque l’on se retrouve à l’extérieur, seul.e, dans les transports, en présence de personnes inconnues… Le corps peut se mettre en état d’alerte, la personne surveille son environnement, peut sursauter facilement, interpréter certains comportements comme menaçants, accélérer le pas ou ressentir le besoin de vérifier que tout va bien.
Après une période de stress importante, une accumulation de difficultés ou une expérience traumatisante, le système d’alerte peut devenir très sensible. Il peut réagir très rapidement à des situations qui ne représentent pas réellement un danger.
1. L'expérience traumatique
Après un événement vécu comme traumatisant, certaines personnes peuvent devenir plus vigilantes, anticiper davantage les dangers ou avoir plus de difficulté à se détendre. La sécurité intérieure peut avoir été affectée. Le système se dit que si cela a pu arriver, cela peut recommencer. Le système reste en alerte.
2. L'accumulation
Certaines personnes peuvent avoir une succession de difficultés : problèmes familiaux, professionnels, relationnels, responsabilités, changements, incertitudes…qui peuvent progressivement épuiser les capacités d'adaptation. La personne peut avoir la sensation de ne plus avoir de marge, la moindre chose supplémentaire serait de trop. Cette sensation de fragilité peut devenir une source d'insécurité.
3. La charge mentale
Lorsque le cerveau est continuellement sollicité par les tâches, les problèmes à résoudre et les choses à anticiper, la personne peut avoir des difficultés à quitter le mode “je dois gérer”, avoir du mal à lâcher prise, à se reposer véritablement, ne rien prévoir, tolérer l'imprévu, faire confiance à ses propres capacités d'adaptation….
Cela peut amener une impression de danger permanent même lorsque rien de particulier ne se passe.
Quand cela prend trop d'espace, on parle de trouble anxieux ou de trouble anxieux généralisé. Il est indispensable d'aller consulter un psychologue et/ou psychiatre.

Comment l’hypnose peut aider face au sentiment d'insécurité ?
Parmi les insécurités évoquées, on peut distinguer 4 grandes catégories d’insécurité :
l'insécurité personnelle ex : ”suis-je suffisamment bien ?”
l'insécurité relationnelle ex : “vais-je être aimé.e, accepté.e, gardé.e ?”
l'insécurité existentielle ex: “quel est le sens de ma vie ? Que va-t-il m'arriver ?”
l'insécurité collective ex : ”le monde dans lequel je vis est-il encore suffisamment sûr ?”
Lorsque ces insécurités se développent, on retrouve souvent des croyances limitantes.
“Je ne suis pas assez bien” -> comparaison -> recherche de validation -> perfectionnisme
-> anxiété
“On va m'abandonner” -> hypervigilance relationnelle -> besoin de réassurance -> jalousie
-> conflits
“Je ne vais pas y arriver” -> anticipation -> évitement -> procrastination -> perte de confiance -> confirmation de la croyance
“Je dois contrôler” -> anticipation -> vérification -> soulagement temporaire -> renforcement du besoin de contrôle
L'insécurité excessive est souvent entretenue par les stratégies utilisées pour la faire disparaître. La personne se rassure -> elle se sent mieux momentanément -> son cerveau apprend “j'avais raison de me méfier” -> l'insécurité revient -> elle se rassure encore. Cela crée une boucle.
Il serait utopique et même problématique de supprimer toute inquiétude. Elle a une fonction de protection et c'est grâce aux inquiétudes que des personnes ont fait évoluer des situations de notre société, se sont fait évoluer elles-mêmes, se sont dépassées… c’est pourquoi l'inquiétude peut être un moteur, une ressource précieuse d’évolution.
C’est lorsque le sentiment d’insécurité devient excessif, paralysant ou envahissant qu’il peut être nécessaire de retrouver un équilibre.
L'accompagnement en hypnose peut permettre de se (re)connecter à ses ressources de sécurité intérieure, de (re)trouver des points d’appui et de réinvestir le corps et les sensations comme des repères fiables.
Peu à peu la personne peut (re)trouver une forme de sécurité plus juste et plus stable même lorsque l’extérieur est incertain ou imprévisible.
L'accompagnement en hypnose s’effectue sur plusieurs séances.
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Laurie Le Borgès
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