Le contrôle excessif, comment apprendre à le gérer
- Laurie Le Borgès

- 1 juil.
- 5 min de lecture
Le besoin de contrôle fait partie du fonctionnement humain. Tous les êtres humains, chacun à leur manière et à un degré différent, tentent d'anticiper les événements, d'organiser sa vie quotidienne, d'éviter les erreurs et de sécuriser son environnement. C’est un besoin naturel, avec pour objectif de diminuer l’incertitude, de prendre des décisions, de se sentir compétent.e et en sécurité.
Dans certains cas de figure, le contrôle est même primordial. Il aide à gérer des responsabilités, à atteindre des objectifs, à protéger ce qui compte pour nous...
Mais lorsque la recherche de maîtrise devient trop forte, rigide ou permanente, elle peut progressivement se transformer en anxiété, générer des tensions relationnelles et de l’épuisement.
Le besoin de contrôle, partant d’une bonne intention d’aider, se transforme alors en une tentative anxieuse d’éviter l’inconfort, l’imprévu ou la peur de perdre la maîtrise de soi, des autres ou de la situation.
POURQUOI AVONS-NOUS BESOIN DE CONTROLER ?
Le contrôle répond à un besoin de sécurité intérieure. Lorsque nous avons la sensation de maîtriser une situation, nous ressentons une plus grande stabilité émotionnelle. À l’opposé, l’incertitude peut faire écho à des peurs profondes comme la peur de l’échec, du rejet, de l’erreur, de la critique, de la perte…
Certaines personnes développent ce besoin plus fortement souvent en raison de leur histoire personnelle. Une enfance avec beaucoup d'imprévisibilité, un environnement instable, de nombreuses critiques, de la négligence émotionnelle ou des expériences difficiles peuvent conduire à rechercher un contrôle constant pour éviter de revivre un sentiment d’insécurité.
Le contrôle peut devenir une stratégie d’adaptation :
tout anticiper pour éviter les mauvaises surprises
vérifier plusieurs fois
organiser chaque détail
vouloir que les choses se déroulent exactement comme prévu
avoir du mal à déléguer
chercher à maîtriser ses émotions ou celles des autres
…
Cette stratégie peut fonctionner temporairement. Elle peut donner une sensation d’efficacité, de puissance ou de protection. Mais elle a aussi un coût psychologique/émotionnel important lorsqu’elle devient excessive.
LES ASPECTS POSITIFS DU CONTROLE
Il est important de se souvenir que le contrôle n’est pas négatif en soi. Une personne organisée, rigoureuse et prévoyante possède de grandes qualités comme le sens des responsabilités, la capacité d’anticipation, l'efficacité professionnelle, la fiabilité, la gestion des priorités et des risques, la persévérance...
De plus, dans le monde professionnel, ces compétences sont souvent valorisées. Les personnes ayant un fort besoin de contrôle sont souvent investies, consciencieuses et exigeantes dans leur travail. Elles aiment que les choses soient bien faites et leurs ressources peuvent être très utiles dans les métiers tels que gestionnaires, entrepreneurs, responsables d’équipe…
Dans la vie personnelle aussi, cette ressource peut être rassurante pour préparer un projet, organiser un voyage, gérer un budget, planifier des objectifs de vie ...
Le problème surgit quand le contrôle devient une nécessité absolue pour calmer l’anxiété intérieure.
Quand le contrôle devient excessif
Le besoin de contrôle devient problématique lorsqu’il prend trop de place dans la vie personnelle et/ou professionnelle et génére de la souffrance chez la personne. Il empêche alors la souplesse, la spontanéité ou l’adaptation.
La personne peut alors ressentir :
une difficulté à supporter l’imprévu
une anxiété importante lorsque les choses échappent à son contrôle
une tension mentale constante
un perfectionnisme excessif
une peur de l’erreur
une hypervigilance
une fatigue importante
...
Certaines personnes cherchent à tout vérifier, à anticiper tous les scénarios possibles ou encore à garder la maîtrise sur chaque détail. D’autres vont avoir besoin de contrôler leurs émotions, leur image, leurs relations ou parfois même les réactions des autres.
Cette recherche constante de contrôle devient paradoxale : plus la personne cherche à maîtriser, plus elle développe de l’anxiété face à ce qui lui échappe, la réalité restant imprévisible.
Aucun individu ne peut tout contrôler.
Le contrôle excessif dans la vie personnelle
Dans les relations personnelles, le besoin de contrôle peut être source de fortes tensions.
La personne peut avoir du mal à faire confiance, à accepter que l’autre fonctionne différemment, à lâcher prise, à accepter les changements, à tolérer l’incertitude affective...
Cela peut amener :
un besoin de savoir constamment
des attentes très élevées
des difficultés à déléguer les tâches du quotidien
une tendance à vouloir décider pour les autres
une surveillance excessive
des conflits liés à l’organisation ou à la manière de faire …
Le contrôle peut survenir de manière plus subtile : vouloir maîtriser l’image renvoyée, cacher ses émotions, sa vulnérabilité ou chercher à paraître toujours fort.e.
Sur du long terme, cette manière de fonctionner peut être épuisante et isolante. Elle bloque souvent à une véritable détente émotionnelle et peut limiter la profondeur des relations.
Le contrôle excessif dans la vie professionnelle
Dans le monde du travail, le besoin de contrôle est souvent valorisé, notamment dans les sphères compétitives ou exigeantes.
Cependant, lorsqu’il devient excessif, il peut amener à :
une surcharge mentale
du stress chronique
des difficultés à travailler en équipe
un perfectionnisme paralysant
un épuisement professionnel
...
Certaines personnes ont du mal à déléguer car elles sont convaincus que personne ne fera “aussi bien”. Elles vérifient tout, reprennent le travail des autres ou veulent tout superviser.
Cette attitude peut amener des tensions relationnelles et générer une pression importante, autant pour la personne concernée que pour son entourage professionnel.
Le contrôle excessif freine souvent la créativité. Vouloir tout planifier laisse peu de place à l’expérimentation, à l’intuition ou à l’adaptation spontanée.
Chez certaines personnes, cette quête de contrôle conduit de manière progressive au burnout. Le mental est constamment en alerte, incapable de relâcher la pression. Un épuisement s’en suit.
Pour en savoir plus sur le burnout, c’est ici
Le lien entre contrôle excessif et anxiété
Le besoin de contrôle est souvent en corrélation avec l’anxiété.
Contrôler devient alors une manière de tenter de diminuer l’inquiétude intérieure. Mais, plus la personne tente d’éviter l’incertitude, plus elle devient sensible à tout ce qui pourrait lui échapper.
Le cerveau finit par associer le lâcher-prise/le relâchement/la détente à un danger potentiel.
Certaines personnes vont même ressentir une culpabilité lorsqu’elles ne contrôlent pas suffisamment les choses selon leurs critères. Elles ont l’impression qu’elles doivent être vigilantes ou responsables de pratiquement tout.
Cependant, vouloir tout contrôler est mission impossible, ce qui amène souvent des frustration, de la colère ou un sentiment d’échec.
Pour en savoir plus sur l'anxiété, c'est ici
Beaucoup de personnes associent souvent le lâcher prise à l’abandon, au laisser-aller ou au manque de responsabilité.
En vrai, le lâcher prise pourrait se comprendre comme accepter qu’il existe une différence entre ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas de nous. L’idée n’est pas de devenir passif mais de gagner en flexibilité intérieure.
Accepter l’incertitude permet progressivement de :
réduire la pression mentale
mieux gérer ses émotions
gagner en sérénité
améliorer ses relations
développer plus de confiance en soi et en la vie
Cela demande souvent de cheminer dans un travail intérieur, d’autant plus lorsque le besoin de contrôle est ancien et/ou profondément ancré.
Pour en savoir plus sur le lâcher prise, c’est ici

Comment apaiser un contrôle excessif ?
Plusieurs approches peuvent aider à retrouver un meilleur équilibre :
apprendre à identifier les situations qui déclenchent l’anxiété
travailler sur les croyances liées à la peur de l’erreur ou de l’échec
accepter progressivement l’imprévu
développer plus de d'apaisement et de sécurité intérieur
pratiquer des techniques de relaxation ou de respiration
réapprendre à écouter ses émotions
s’autoriser l’imperfection
...
L’objectif n’est pas de supprimer totalement le contrôle qui est indispensable dans certaines situations mais de retrouver de la souplesse.
Certaines approches thérapeutiques, comme l’hypnose, peuvent aider à sur les différents aspects mentionnées et apaiser les tensions internes associées à l’insécurité ou à l’hypervigilance.
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Bien à vous,
Laurie Le Borgès
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